
Le système 3-6-1 mis en place par Guus Hiddink pour la sélection Russe n'a pas forcément marqué les esprits, en tout cas pas autant que les résultats spectaculaires de cette nation lors du dernier euro 2008, organisé conjointement en Suisse et en Autriche.
Résultats spectaculaires mais aussi jeu spectaculaire, tant cette équipe a brillé jusqu'au bout pour atteindre les demi-finales.
Pratiquant un football offensif, la sélection russe a mis en lumière quelques nouvelles stars comme Andrei Archavine, le jeune prodige du Zenith St Petersbourg, que de nombreux clubs européens, tentent en vain d'arracher à son club.
Concernant la formation en 3-6-1, celle-ci détonne dans le contexte actuelle qui donne plus souvent la part belle au 4-4-2 ou au 4-5-1.
Difficile de dire, si c'est la qualité individuelle des joueurs ou le système qui a permis de réussir des prouesses lors du dernier euro Cependant, Hiddink est coutumier de créer la sensation avec des équipes, réputées plus faibles sur le papier. Souvenez-vous de la Corée du Sud en 2002...
Fonctionnement général de ce système :
Hiddink ne donne pas de consignes collectives très marquées, cependant il insiste sur un marquage strict et individuel de l'adversaire et un jeu systématique en contre-attaque.
L'équipe ne se laisse pas pour autant dominer et à tendance à presser dans sa moitié de terrain, mais ne joue pas volontairement basse pour maintenir le danger loin de son but.
Défensivement, l'objectif est de limiter les espaces pour l'adversaire au maximum.
Par rapport à un schéma classique de contre-attaque, Hiddink marque une différence en conservant une organisation non pas étroite et serré au milieu comme il n'exige pas de ses joueurs d'attaquer au centre.
Cela s'explique par le fait, qu'il veut profiter au maximum des qualités de contre-attaquant de ses 2 faux-ailiers ou faux arrières latéraux, qui dans ce schéma, doivent couvrir un maximum de terrain.
Pour rappel, Yuri Zhirkov a été une des révélations du dernier euro.
Consignes individuelles :
Hiddink s'inscrit clairement dans le camp des managers autoritaires, et très scrupuleux, tout comme José Mourinho.
En terme de mentalité, il attribue à chaque joueur une mentalité précise.
Légèrement défensive pour le gardien et les 3 défenseurs axiaux.
Equilibré pour le milieu défensif et les 2 faux ailiers.
Par contre, il distingue les 3 milieux axiaux, les 2 évoluant sur le coté d'Izmailov évoluent très légèrement offensivement, alors qu'Izmailov est le joueur le plus offensif du team et auquel la charge défensive attribué est la plus faible.
Enfin l'avant-centre isolé, revient très souvent au niveau de ses coéquipiers, avec une mentalité normal.
Liberté créative :
Hiddink attribue à chaque partie de l'équipe une liberté définit.
Faible pour le gardien et les défenseurs centraux.
Moyenne pour les 3 milieux de derrière (le milieu défensif et les 2 faux ailiers)
Plus forte pour les 3 milieux dit créatifs et axiaux.
Et moyenne pour l'avant-centre, qui se contente de profiter du travail collectif.
Style de passes :
Du gardien au défenseurs, on privilégie un jeu direct vers l'avant, il ne s'agit pas de controler la possession du ballon ou de relancer proprement.
Les 3 milieux de derrière, jouent sans préférence marqué entre le jeu court et le jeu long, ce sera fonction des opportunités. De toute façon, les faux ailiers dans cette position, ont tout intérêt à se voir laisser le plus d'options possibles dans leur jeu, pour ne pas risquer d'être privé de solutions de passes.
Pressing :
Dans ce cas, Hiddink adopte une stratégie graduelle à partir des défenseurs.
Encore une fois, cela stigmatise l'exigence d'endurance et de qualité physique exigé par le batave qui impose un défi physique considérable à ces joueurs mais aussi à ces adversaire.
D'ailleurs dans une compétition à 6 matchs, il n'est pas étonnant de constater que cette équipe est sur-performante en début de compétition et même capable de battre n'importe qui.
Mais aura tendance à s'étioler physiquement en fin de parcours. (Ex : Russie et Corée du Sud).
C'est probablement la limite de son système.
Si le niveau de pressing demandé aux défenseurs est légèrement faible, il est normal pour les milieux par contre maximum pour les joueurs offensifs.
Tacles :
Sur ce point, Hiddink ne fixe pas de règles à ces joueurs.
Courses en avant :
Descriptif d'un système plutôt standard ou légèrement défensif, le néerlandais n'autorise que 3 joueurs à se porter rapidement vers l'avant pour rejoindre l'attaquant.
En revanche, ceux sont les 3 milieux axiaux et en même temps. Leur mission, rejoindre le plus rapidement possible l'avant-centre pour se trouver dans une solution d'attaque en triangle.
L'avant-centre fixe la défense et oriente le jeu sur un des 3 milieux.
Emmener le ballon :
Seuls les milieux axiaux peuvent tenter de dribbler fréquemment et d'obtenir des fautes dans les 35 mètres adverses.
De son coté, l'avant-centre ressemble plus à un joueur en pivot du point de vue des consignes individuelles même si ce n'est pas spécifiquement demandé par Hiddink.
Tirs de loin :
Les joueurs de couloirs, le milieu défensif, et l'avant-centre sont autorisés à frapper de loin.
On imagine que les possibilités offensives sont plus limitées dans ce système et que chaque occasion de porter le danger est privilégié.
Jeu en profondeur :
Cette consigne confirme qu'il est demandé à l'avant-centre de jouer comme un pivot. Ce rôle convenant d'avantage à Progbeniak ou Pavliuchenko, plutôt qu'Archavine.
En plus du buteur, le milieu défensif et les latéraux, vont être emmener à jouer souvent la profondeur.
Là-aussi, le rôle du milieu défensif n'est pas classique, d'ailleurs Semak n'a pas vraiment un profil à la Makélélé, mais plus ressemblant à un meneur de jeu reculé.
Sauf que dans ce système, il n'y a pas de meneur de jeu spécifique. Les milieux peuvent chacun porter le jeu offensif de l'équipe. C'est un véritable système basé sur le collectif.
Centres :
Paradoxalement, ceux sont les 3 milieux axiaux qui doivent fournir le plus souvent des solutions de centre. C'est plus compréhensible de la part des 2 accompagnateurs d'Izmailov, soit Semshov et Denisov. En revanche, cela semble plus difficile pour Izmailov qui évolue dans une position très axiale.
Sauf que celui-ci est laissé libre dans son positionnement par Hiddink !
Marquage :
Comme évoqué précédemment, il s'agit d'un simple marquage individuel sauf pour les milieux axiaux de support qui jouent la zone.
C'est logique car le plus souvent, ils sont en surnombre au milieu par rapport à une organisation classique en 4-4-2. Le fait de jouer en zone, leur permet de profiter de l'avantage numérique dans la zone des 2 milieux axiaux adverses.
De la même façon, le marquage strict (toujours logique) n'est pas attribué à ses 3 milieux.
A noter que l'avant-centre dans ce système a un travail beaucoup plus défensif que dans n'importe quelle autre formation.
Garder le ballon :
Plus classiquement, le milieu défensif et l'avant-centre vont avoir tendance à conserver la possession du ballon pour permettre l'organisation des phases offensives et le placement de ses coéquipiers.
Pour conclure, l'avant-centre joue un rôle particulier dans ce système car il est à la fois laissé libre par Hiddink, il doit conserver le ballon et presser très fortement.
C'est un peu comme si il devait être un mix entre un attaquant de soutien et un pivot.
Ce rôle est du au fait qu'il est considérablement isolé du reste de l'équipe et doit attendre le soutien notamment des milieux axiaux.
Ce schéma est à la fois curieux à jouer que surprenant et original pour les adversaires.
Il demande un grand investissement physique, mais à fait ces preuves avec des équipes suffisamment technique.
A ne pas mettre entre toutes les mains !
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