Impossible de parler de l’ASNL, sans immédiatement associer Pablo Correa, son actuel entraineur à la stabilité de ce club en ligue 1 ! Présent au club depuis 1995 comme attaquant, il y resta fidèle après sa carrière de joueur pour finalement prendre les commandes de l’équipe première en novembre 2002 ! Ce qui en fait un des entraineurs les plus fidèles de l’élite française, pas mal pour un Uruguayen qui maitrise parfaitement la langue de Molière à une époque où rares sont les joueurs qui prennent la peine d’apprendre le Français (Si par exemple, à Gerland les brésiliens Sonny Anderson ou Juninho s’exprimaient parfaitement dans notre langue, les argentins Lisandro et surtout César Delgado ne parlent pas un mot !)
Depuis 2002, Nancy le club d’Aldo et Michel Platini, a entamé avec l’apport de son président Mr Rousselot une structuration intelligente d’un club familial pour pérenniser le club en ligue 2 puis en ligue 1 depuis 2005.
Prometteur champion de ligue 2 en 2004-2005, le groupe de Pablo Correa a enfin réussit à se stabiliser en ligue 1 ! Récoltant au passage une fantastique saison 2007-2008 avec une 4ème place offrant un retour en coupe d’Europe au passage.
Après 289 matchs de ligue 1 et ligue 2, Pablo Correa repart à l’assaut d’au moins une place entre la 10ème et la 15ème position cette année.
Sans une grande exposition médiatique, le club lorrain parvient chaque année à révéler de solides joueurs : Sébastien Puygrennier, Pape Diakhaté, Benjamin Gavanon, Mickael Chrétien, Youssouf Hadji, Issar Dia, et bientôt Alfred N’Diaye (prometteur milieu de terrain).
En revanche, sorti de ce club très familial qui privilégie la vie de groupe, les meilleurs joueurs Nancéiens n’ont jamais vraiment réussi ailleurs !
Faute à des choix de carrières pas très malins sportivement et trop orienté financièrement !
Qu’ont été faire Puygrennier et Diakhaté en Russie ou en Ukraine ? Pour finalement revenir à Monaco et Saint-Etienne par la petite porte !
Attention du coté de Nancy, les joueurs sont meilleurs ensemble qu’individuellement, cela peut rappeler un club comme Nantes qui dans les années 90 avaient sorti des joueurs énormes de son centre de formation : Loko, Ouédec, et Pedros, champion de France ensemble et qui ont connu des fortunes diverses à l’extérieur de la Beaujoire sans leurs potes !
C’est le revers de la médaille ! Les joueurs qui mis dans de super conditions, sur-performent au-delà de leurs réelles valeurs individuelles. Ceci dit, bravo à Nancy, et gare aux recruteurs !
Depuis 5 ans, Nancy offre un spectacle rugueux et combattif à Marcel Picot. L’ASNL se colle l’étiquette d’équipe accrocheuse, peu spectaculaire et hyper efficace.
En défense, cette équipe n’encaisse guère plus de 50 buts par saison alors qu’elle se classe régulièrement dans la deuxième partie de tableau de ligue 1.
Sauf la saison dernière où Nancy a encaissé 53 buts, attention au relâchement !
Oscillant entre la 12ème et la 15ème place avec régularité, Nancy n’inscrit jamais plus de 46 buts par saisons.
Depuis 5 ans, Nancy se caractérise dans le jeu par un milieu de terrain dense et porté sur la récupération.
A l’orée de cette nouvelle saison, l’AS Nancy-Lorraine va-t-elle franchir un cap ?
L’arrivée du tahitien Marama Vahirua en provenance de Lorient augure-t-elle d’un changement de jeu ?
Difficile à croire, tant les bonnes habitudes sont ancrées dans ce groupe qui change très peu d’année en année et qui s’est construit dans la bagarre.
En revanche, Vahirua qui se lance dans le dernier grand défi de sa carrière (30 ans) apportera du liant entre le milieu et l’attaque.
Organisé en 4-2-3-1, l’ASNL devrait construire son début de saison autour de ce schéma quitte à le faire évoluer en cours de match ou même de saison vers un schéma avec un attaquant supplémentaire.
Corréa qui a du mal à se départir de son image d’entraineur tenace et défensif privilégie un jeu d’équipe très rigide en bloc ou les consignes collectives prennent le pas sur les libertés individuelles.
Mais ce qui est très symbolique du jeu Nancéien, ce sont les longues envolées dans la profondeur des joueurs de cotés ! C’est pourquoi des joueurs comme Dia ou Malonga ont brillé dans cette équipe qui aime lancer des joueurs athlétiques de loin derrière les défenses adverses pour finir en un contre un face au gardien.
Le onze de départ en promet à plus d’un !
Dans les buts, le gardien du temple Gennaro Bracigliano, au club depuis 2003, a toujours su éliminer la concurrence et notamment le niçois Damien Grégorini.
A 30 ans, l’âge de la maturité pour un Gardien, il sera un capitaine écouté et parfait meneur de la défense. Peut-être que dans un club plus exposé médiatiquement, il se serait rapproché plus près de l’équipe de France.
Il commandera une charnière centrale qui est un peu moins exceptionnelle que sa prédécesseur Puygrennier-Diakhaté avec le duo André Luiz et Joel Sami.
Le brésilien André Luiz, le meilleur des deux jouera en couverture s’appuyant sur son sens de l’anticipation et son super jeu de tête.
Tandis que Sami sera chargé du poste de destructeur, pardon stoppeur ! Hyper physique et également excellent dans le domaine aérien.
Toutefois, la vitesse n’est pas le point fort de cette défense. Interdiction donc de jouer haut et de pratiquer le hors-jeu pour laisser de l’espace dans leur dos.
A droite de la défense, un joueur formé au club, peut-être le meilleur du groupe en la personne du marocain Mickael Chrétien, à qui on aurait pu prédire un parcours dans un grand club européen mais le destin en a pour l’instant décidé autrement.
Nancy qui avait cru le perdre, recruta le prometteur Jean Calvé du coté du Mans qui fuit réduit à jouer les doublures, dommage pour lui !
Tant Chrétien est complet dans tous les domaines et en plus doté d’une grosse marge de progression.
Coté gauche, l’ex-caennais Reynald Lemaitre a souhaité rester en ligue 1 plutôt que de redescendre en ligue 2 avec le club normand. Il est donc venu amener de la concurrence à Jonathan Brison.
Drôle de club que Nancy qui possède 4 latéraux de très bonnes qualités !
Correa a au moins l’embarras du choix.
Au milieu, l’entraineur uruguayen peut combiner technique et physique autour d’un projet de récupération discipliné !
D’un coté, Pascal Bérenguer ou Benjamin Gavanon peuvent apporter une touche technique tout en étant tout d’abord dévoué aux tâches défensives.
Il semble que Bérenguer évolue dans un rôle de meneur de jeu en retrait, chargé de ralentir le jeu quand c’est nécessaire pour soulager le travail défensif de son équipe et SURTOUT apporter de la profondeur au jeu de cette équipe qui évolue naturellement en contre.
Ce rôle est pivot dans la transition entre les phases défensives et offensives. Pour battre Nancy, il faut couper ce joueur du reste de l’équipe. La meilleure solution consiste à lui opposer le marquage strict d’un milieu défensif chargé de le priver de ballon ou d’espace pour avoir le temps de distiller de bonnes passes.
Pour le travail purement défensif et d’harcèlement, il faut compter sur le prodige Alfred N’Diaye !
Ce jeune joueur, formé au club et promis à un brillant avenir du haut de son mètre 88 et ses 94 kilos !
Puissance, détermination, activité et aussi frappe de loin, telles sont les nombreuses qualités de ce pure milieu défensif de seulement 20 ans.
Landry N’Guemo, de retour de prêt du coté du Celtic propose aussi une bonne alternative à la récupération.
Offensivement, il faut tout de même 4 joueurs pour propulser les contres !
2 attaquants intérieurs sur les cotés, pas vraiment doué pour centrer mais voué à éliminer en dribble sur les cotés, à jouer vite et tenter de marquer : Malonga à gauche et Dia à droite.
Le départ de ce dernier pose d’ailleurs un problème à son coach.
Car ni Alo’o Afoulou ou Féret ne peuvent jouer complètement dans le même registre.
Seul Djamel Bakar, qui évolue normalement en pointe peut dépanner. Il dispose du même profil athlétique mais ce changement de rôle reste à tester sans assurances.
Devant, Nancy propose une variante d’un duo d’attaquant en ligne en utilisant justement un attaquant en fixation dans la surface pour occuper les défenseurs adverses et un joueur derrière lui, sorte d’attaquant de soutien, très libre dans son positionnement et chargé de tourner autour de l’attaquant de pointe, bref un neuf et demi.
Ce rôle fut jusqu’à présent parfaitement tenu par Youssouf Hadji qui brille régulièrement dans la finition du coté de Nancy. Sauf que son altercation avec un arbitre lui vaut 6 mois de suspension !
D’où l’arrivée de Marama Vahirua, en fin de contrat, pour reprendre ce poste laissé temporairement vacant !
Au-delà d’un simple remplacement, les dirigeants de Nancy qui ne roule pas sur l’or (budget 40 m€), la joue fine ! Car si Hadji et Vahirua sont très certainement parfois brillants. Sur une saison, ils peinent à être régulier. Avoir les 2, c’est aussi avoir la possibilité de les mettre en concurrence et d’espérer d’en avoir toujours un au top !
Devant, Nancy a le choix : un buteur en pivot, un attaquant en profondeur ou un renard des surfaces.
Pour le 1er profil, il n’existe pas de joueurs correspondant ! Pour le second, Bakar ou Alo’o Efoulou ont le profil sans être totalement complets !
Cependant Bakar est très jeune (21 ans) et possède une très grosse marge de progression. C’est même étonnant que Monaco s’en soit séparée.
Le départ d’Issar Dia pourrait donc pousser Bakar à rejouer à droite comme à Monaco, son club formateur, et installer Alo’o Efoulou dans un rôle d’attaquant de pointe.
En conclusion, le onze type de Nancy est très séduisant, le projet de jeu est très efficace, le coach expérimenté et astucieux, alors même si le groupe a perdu Dia, on peut prendre un risque et parier que Nancy intègrera le top 8 ce qui serait beaucoup plus ambitieux que de jouer la deuxième partie de tableau.
Pour télécharger cette tactique dans Football Manager 2010 :
4-2-3-1 ASNL
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