Saint-Etienne (10 titres de champion de France concentré entre 1957 à 1981), Marseille (9 titres de champion entre 1937 et 2010 avec une pause de 18 ans avant le dernier titre), Lyon (7 titres de 2002 à 2008 ! ) et Monaco (7 titres de 1961 à 2000), soit pour le club de la principauté le 4ème palmarès du championnat de France de 1ère division, rebaptisé ligue 1 !
Palmarès qui s’est donc construit avec régularité et sur une période assez étalé par rapport à ses concurrents et encore relativement récent par rapport à Saint-Etienne qui n’a plus remporté le championnat depuis 1981.
Par opposition, Lyon s’est forgé le 3ème palmarès en seulement 7 ans.
L’AS Monaco est donc un club historique du championnat de France et qui en plus a le mérite de durer au plus haut niveau.
Précisons qu’on trouve en 5ème position, les Girondins de Bordeaux avec 5 titres entre 1950 et 2009, suivi de Nice avec 4 titres entre 1951 et 1959, puis Sochaux, Paris-SG et Lille avec seulement 2 titres.
Le rocher de Monaco a été rattaché tardivement à la France, mais sa fidélité au championnat de ligue 1 est parmi les plus anciens avec 53 saisons et 1962 matchs au plus haut niveau pour 856 victoire.
Le palmarès monégasque compte 5 coupes de France dont la dernière en 1991 et une coupe de la Ligue en 2003 avec un certain Didier Deschamps aux commandes ainsi que 11 représentations de la France en ligue des champions avec une demi-finale dans les années 90 perdu contre le grand Milan AC et une finale contre le Porto de Mourinho.
Rappelons que déjà dans les années 90, Monaco avait brillé jusqu’en finale de la coupe des coupes, perdant de justesse contre le Werder Brême de Klaus Allofs.
Alors oui, Monaco est un grand du championnat de France et un des plus beaux palmarès de notre pays, un fier représentant de notre football sur le continent européen.
Comme facteur explicatif, la passion de la famille princière pour ce sport, les avantages fiscaux jugés déloyaux un temps par ses concurrents, des moyens économiques qui furent longtemps au-dessus de la moyenne (jusque dans les années 2000), un président emblématique en la personne de Jean-Louis Campora justement jusqu’à la fin des années 90, une destination paradisiaque pour quelques grands noms du football (Glenn Hoddle, Mark Hateley, Rui Barros, Ramon Diaz, Manuel Amoros, Jurgen Klinsman, Franck Sauzée, Ali Benarbia, Sabri Lamouchi, Marco Simone, Marcelo Gallardo, Sonny Anderson, Christian Vieri, Fernando Morientes, etc…) et aussi et surtout un formidable club formateur et découvreur de talents (Lilian Thuram, Thierry Henry, David Trézeguet, finalement 3 champions du monde !)
Sans parler des innombrables joueurs qui ont été découvert au stade Louis 2, comme Claude Puel, Marcel Dib, Luc Sonor, Jean-Luc Ettori, Dado Prso, Sébastien Squillaci, Gael Givet, et la liste est longue.
Et n’oublions pas les meilleurs entraineurs de ligue 1 avec notamment Arsène Wenger, Jean Tigana, et Didier Deschamps !
Alors oui depuis 2005, le club a perdu de son standing et est descendu d’une marche en jouant régulièrement sa place entre la 10ème et la 8ème place du championnat, loin de son potentiel, autour des 3 premières places de la ligue 1 (de 2002 à 2005).
Depuis le départ de Monsieur Campora, le club princier est tombé dans une mauvaise habitude inconnue jusqu’alors : l’instabilité !
Changement d’entraineurs, de président, de directeur technique quasiment tous les ans ! Pourtant pas habituel dans le climat feutré du rocher, et plus usuel chez les voisins niçois ou marseillais.
Bref Marc Keller est revenu au poste de Directeur technique et Etienne Franzi préside à la destiné de ce club au budget de 53 millions €.
Seul survivant, l’historique Jean Petit, l’homme de toutes les époques glorieuses des Rouge et Blanc dans un rôle de sage et de conseiller.
Alors comment ramener Monaco vers les sommets ?
En misant sur la stabilité de la direction et surtout sur la jeunesse et l’éternel centre de détection et formation de l’ASM !
C’est ce qu’à parfaitement compris l’alsacien Keller en recrutant le formateur à moustache Guy Lacombe !
Encore un entraineur marqué par un passage raté à Paris, mais qui est une pointure à son poste en France.
Avec 400 matchs en ligue 1, ce n’est pas un débutant, on en oublierait presqu’il a fait partie des champions olympiques de 84 en tant que joueur !
L’Aveyronnais a battit sa réputation dès ses débuts sur sa faculté supérieure à la moyenne pour sortir de jeunes joueurs de très grands talents, à l’image d’un autre illustre entraineur Jean Fernandez.
A la fin de sa carrière Pro en 1989, il intègre le centre de formation cannois jusqu’à prendre les PROS en 1995 pour démarrer sa longue carrière d’entraineur de ligue 1 qui le mènera ensuite à Toulouse, Guingamp, Sochaux, Paris, Rennes et enfin Monaco. Récoltant au passage une coupe de France (Paris-SG) et une coupe de la ligue (Sochaux).
Son arrivé à la Turbie, marque clairement la volonté de Marc Keller de préparer le brillant avenir des jeunes pousses monégasques à retrouver les sunlights du podium de la ligue 1, un challenge à la mesure de Lacombe.
On lui donne le temps et le potentiel pour construire une futur grosse écurie.
Après une première saison rassurante (8ème de ligue 1 et finaliste de la coupe de France), Monaco est prêt à se rapprocher encore d’une place entre la 5ème position et la 8ème position en 2010-2011.
Tactiquement, Lacombe a prolongé le 4-2-3-1 déjà mis en place par son prédécesseur, le brésilien Ricardo qui devait pourtant lui aussi remettre le club sur les bons rails.
Si Ricardo traîne une étiquette d’entraineur défensif, Lacombe propose un jeu effectivement rigide dans l’organisation tactique mais laisse d’avantages de libertés dans le jeu, en s’appuyant sur des joueurs plus créatifs.
A la base du jeu monégasque, le gardien Stéphane Ruffier (n°4 dans la hiérarchie française) présente quasiment les meilleures statistiques de la ligue 1 à son poste juste derrière Lloris et parfois meilleur dans certains secteur de jeu.
Ruffier est à la base de la conservation du ballon en relançant sans préférence marqué pour le jeu long ou le jeu court mais privilégiant aussi de faire vivre le ballon depuis un coté (de préférence à gauche).
Il commande une charnière défensive qui sera composé cette année d’un nouvel arrivant en la personne du suédois Hansson en provenance de Rennes et d’un revenant Sébastien Puygrennier déjà prêté par le Zenith la saison dernière.
Puygrennier jouant le rôle de tour de contrôle (stoppeur). Précieux dans le jeu aérien et le combat physique, souvent à la limite dans l’agressivité mais avec l’expérience, il a acquis plus de précision dans ses interventions. Si Laurent Blanc cherche un stoppeur sérieux et expérimenté pour sa défense et aux cotés de Philippe Mexès, il pourrait penser au néo-monégasque.
Hansson évoluera coté gauche, lui aussi dans un rôle de puissant stoppeur, ce qui signifie que Lacombe joue la ligne en défense et ne place pas de joueur en couverture.
Il cherche d’une part la sécurité et le défi physique en associant deux joueurs hyper athlétiques derrière, et d’autre part dominer les attaquants dans le jeu aérien ce qui est particulièrement précieux en ligue 1 quand on sait que la majorité des buts sont marqués sur des phases de jeu arrêtés.
Mais il faut aussi dire que dans son effectif encore pléthorique, il ne dispose pas d’un bon défenseur pouvant jouer en couverture, soit bon en jeu collectif, sens du placement, vitesse et anticipation.
Donc il s’adapte à ses joueurs, car même les jeunes ont des profils proche des titulaires : N’Koulou et Mongongu qui sont des grands espoirs à ce poste de défenseur central sont plus athlétiques que techniques.
Autre contrainte, Hansson et Puygrennier ne sont pas les défenseurs les plus rapides du championnat en considérant leurs imposants gabarits (1m86 et 85 kg / 1m87 et 88 kg), ce qui empêche le technicien aveyronnais de jouer le hors-jeu malgré sa défense en ligne. Cette équipe de Monaco se doit d’adopter un positionnement raisonnable sur le terrain, pour ne pas trop laisser d’espace entre la défense centrale et le gardien.
Sur les cotés, Modesto a quitté le navire pour rejoindre l’Olympiakos, figure emblématique du club, il est pourtant parti par la petite porte et en toute discrétion, comme d’ailleurs Simic, Muller et Leko, autres cadres de l’équipe et gros salaires (réduction de la masse salariale et place aux jeunes…).
Reste le brésilien Adriano, pour jouer à droite, il n’a pourtant jamais été convaincant depuis son arrivé en principauté en 2007. Il y a fort à parier que les jeunes N’Koulou ou Mongongu puisse s’aguerrir sur ce coté, voir l’ivoirien Igor Lolo !
Tandis que coté gauche de la défense, le brillant Vincent Muratori devra confirmer enfin tous les espoirs placés en lui, poussant sur le banc de touche Djimi Traoré, revenu en France pour encadrer les jeunes monégasques. La concurrence sur les cotés de la défense monégasque sera rude entre expérience et jeunesse insouciante. Au coach, de faire les bons mélanges pour assurer la cohésion de l’ensemble.
Au milieu, Monaco dispose encore d’un trop grand nombre de joueurs à sa disposition pour seulement 2 places : Coutadeur et Diego Perez semblent être les titulaires, en revanche quid d’Eduardo Costa, Gosso, Haruna, Mangani, Zola, Martin, Diaz et le dernier joueur sorti du centre de formation Nampalys Mendy ?
Si Zola et Diaz ont été prêtés, Gosso, Mangani et Haruna devraient tranquillement grandir avec un temps de jeu substantiel, que penser d’Eduardo Costa dans le rôle de simple doublure ?
D’autant que tous les joueurs cités ont le profil d’un seul poste, celui de milieu récupérateur combatif chargé de presser l’adversaire.
Car Coutadeur, le plus technique des milieux est chargé de mener le jeu depuis une position en retrait en distillant des passes dans la profondeur.
Il met le pied sur le ballon et contrôle le tempo de l’équipe. Son rôle est essentiel dans la coordination de l’équipe. Venu du Mans, il n’a pas connu une première saison extraordinaire, il doit encore progresser pour tirer son équipe vers le haut. Il en a le potentiel, c’est donc lui la clé du jeu monégasque.
Soulagé en partie du travail défensif par l’uruguayen Perez qui revient à Monaco avec un statut de demi-finaliste de la coupe du Monde ! Diego Perez a ainsi pris une bonne longueur d’avance sur tous ses concurrents au poste de demi-défensif. A suivre car Haruna est très talentueux !
Dans le registre offensif, si l’ASM est orpheline de Néné, partit à Paris, elle peut compter sur des jeunes talentueux comme Frédéric Bulot qui prendra sa place coté gauche.
Surprenant toutefois, on attendait plutôt Yohan Mollo, qui est pourtant parti en prêt à Caen alors que c’est probablement le plus doué des jeunes monégasques !
Coté droit de l’attaque, Alejandro Alonso, venu de Bordeaux dans les valises de Ricardo est le seul « ancien » à avoir survécu au jeunisme du rocher. C’est dire son importance dans le plan de jeu monégasque.
Sans être spectaculaire, l’argentin est complet et régulier, soit tout le contraire du colombien Pino, finalement transféré à Galatasaray.
Enfin devant, le sud-coréen Chu-Young Park officiera tel un renard des surfaces pour exploiter le moindre ballon en occasion de buts et dans n’importe quelle position, y compris les plus acrobatiques.
Cependant, si son talent n’est pas en cause, Monaco vient d’enrôler Mbokani pour 7 millions €, ce qui constitue un transfert très important cette année, sachant que Maazou et Gameiro, choix prioritaires furent finalement jugés trop coûteux pour les finances du club princier.
Comme au milieu, Monaco dispose de beaucoup (trop) de ressources : Gudjonhsen est toujours au club alors qu’il ne rentre pas dans les plans du club pour cette saison. Frédéric Nimani propose encore un autre profil pour évoluer seul en pointe : l’alternative d’utiliser un attaquant en pivot, pour imposer son physique et sa grande taille dans les défenses adverses (1m91).
Derrière l’attaquant de pointe, renard des surfaces ou pivot, Monaco a très tôt choisi de parier sur le roumain d’Auxerre, Daniel Niculae pour évoluer dans le registre d’attaquant de soutien.
Soit le même rôle qu’il tenait déjà dans le club bourguignon. Il vient justement compléter le principal manque du jeu monégasque, soit le lien entre le milieu et l’attaque, autant dire qu’il s’agit d’un choix très judicieux, même si le joueur ne présente pas des statistiques impressionnantes. Plus habile à faire briller son buteur que lui-même, en témoigne les buts marqués par son compère Jelen à la pointe de l’attaque de l’AJA, Niculae devra assumer la progression du club monégasque au classement final de la ligue 1 !
Ce groupe est plein de promesses, de talents et aussi d’interrogations concernant son effectif encore très (trop) important en quantité. Monaco devra encore dégraisser pour assurer la cohésion du groupe.
La défense centrale, un pari sur le physique plutôt que sur la complémentarité technique, est aussi un chantier périlleux. De même que les rendements de Niculae et Coutadeur sont prépondérants dans la bonne marche de cette équipe.
Soit encore beaucoup de travail sur le rocher pour se rapprocher des premières places mais aussi un formidable capital de jeunes talentueux en réserve pour finir par y arriver.
Pour télécharger cette tactique dans Football Manager 2010 :
4-2-3-1 AS Monaco
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