Depuis 20 ans, les staffs techniques dans les clubs pro de ligue 1 et ligue 2 n'ont cessé de s'enrichir de nouvelles compétences et de spécialistes pour chaque activité : entraineur adjoint, entraineur des gardiens, préparateur physique, entraineur des attaquants ou de la défense, kiné, médecin, etc...
Laurent Blanc qui vient de prendre en charge la sélection nationale a décidé de s'adjoindre les services d'un profiler ou plutôt un préparateur mental dont la mission consiste à l'aider à dresser des profils psychologiques des joueurs sélectionnés et à trouver des moyens adaptés à chacun pour s'améliorer sur le plan mental.
Le football de haut niveau peut se définir sur 4 dominantes :
Il parait naturel qu'au même titre que la préparation technique, tactique ou athlétique, l'éducateur ou l'entraineur investisse de son temps de travail auprès de son groupe sur l'aspect psychologique.
Citons Jérémy Toulalan, pour qui, la réussite au plus haut niveau en matière de football se situe à 80% au niveau du mental !
De là, à imaginer que les coachs axent leurs entrainements à 80% sur le mental ? Rien n'est moins sur !
Mais la volonté de Laurent Blanc d'associer à son staff technique, physique et médical, les services d'un adjoint spécialisé dans ce domaine n'est certainement pas la preuve d'un désaveu ou d'un laxisme de sa part bien au contraire.
Comme José Mourinho ou Didier Deschamps, Laurent Blanc sait l'exigence du métier d'entraineur et le besoin de tout penser dans les moindres détails.
Pourtant la psychologie d'un être humain et d'un sportif de haut niveau, n'est pas un détail ! C'est même fondamental !
Mais dans un environnement qui a encore des préjugés anciens et périmés, Laurent Blanc avance à pas feutré pour ne pas choquer.
Les opposants à ce type de profil d'assistant ou préparateur mental ont tendance à se retrancher derrière l'argument que c'est le rôle de l'entraineur d'être psychologue ou encore c'est à l'adjoint d'entretenir un dialogue de proximité avec le joueur de football.
En cela, ils ont tout à fait raison. Mais rien n'empêche de compter autour de soi pour un travail individualisé et ponctuel, l'aide d'un professionnel qui utilise des méthodes de travail scientifiques et soumis au secret professionnel.
Le préparateur physique n'a pas mis en danger le métier de l'entraineur adjoint ! Le préparateur mental ne mettra pas plus en péril ce même adjoint, bien au contraire.
Si pour certains, la croissance du nombre de compétences dans un staff technique est une hérésie ou pire la preuve d'un manque de compétence du numéro 1, là par contre c'est une erreur !
Dans le football d'aujourd'hui, tout va plus vite, tout va trop vite ! Et le rôle du numéro 1, voir du numéro 2 est de synthétiser le travail de plus en plus approfondi d'un staff dont chaque membre cherche la perfection dans chaque détail de la préparation d'une équipe. En ce sens, on peut parler de "professionalisation du football".
Auparavant on définissait un footballeur ou un entraineur professionnel au fait qu'il ou elle était payé(e) ! Aujourd'hui, on peut dire qu'un joueur ou un éducateur de football professionnel est un homme ou une femme formé(e) à des compétences spécifiques reconnues par des diplomes (voir les brevets et diplomes fédéraux et de la FFF).
En 20 ans, le football professionnel a profondément évolué et progressé ! Le niveau général des entraineurs et éducateurs a très nettement progressé.
Donc non, le numéro 1 n'est pas moins ou pas assez compétent, bien au contraire, cependant il s'entoure de spécialistes dans chaque domaine pour pouvoir conserver lui le recul nécessaire à la prise de décision.
Tous les entraineurs sont unanimes pour dire qu'en définitive, leur job c'est de décider !
Et donc le travail des membres du staff, c'est de fournir de plus en plus d'informations pour aider l'entraineur à prendre les meilleures décisions.
A ce titre, le rôle du préparateur mental est aussi important que celui de préparateur technique ou physique.
Les mentalités changent dans la vie de tous les jours concernant le recours au psychologue et coach (attention, précisons bien qu'il ne s'agit pas ici de psychiatre ou de psychanalyste). C'est une vrai évolution de notre société qui reconnait par ce biais, être de plus en plus complexe. Mais c'est plutôt une force que d'accepter de se faire conseiller plutôt que de rester enfermé dans de fausses certitudes sur soi ou les autres.
Alors pourquoi ce qui s'observe dans la vie quotidienne, ne pourrait pas s'adapter aux sportifs de haut niveau qui plus que Monsieur tout le monde sont soumis à des pressions et des stress très nettement supérieurs ?
Pour un footballeur, le préparateur mental peut intervenir sur plusieurs facteurs : (toujours de manière individuelle et souvent ponctuelle)
Par quels moyens ?
Insistons bien sur le fait que le travail d'un préparateur mental ne peut-être qu'individuel et en aucun cas, on peut imaginer un travail collectif. Il s'agit d'aider le sportif à aller chercher dans ses ressources personnelles, des leviers pour se dépasser.
Pour conclure, la psyschologie ne permet pas l'amateurisme, comme toute profession, elle obeit à des formations, à une déontologie et on ne s'improvise pas psychologue parce qu'on gère des personnes depuis longtemps ou à l'aide d'une formation powerpoint dans un séminaire...
Même si faire preuve de psychologie, c'est écouter et comprendre l'autre pour ensuite l'aider à s'aider. Une compétence que tous les entraineurs et éducateurs de football peuvent démontrer au quotidien.
Dans un groupe de 25 à 30 joueurs, combien de temps accordent un entraineur à chaque joueur, pour aborder des sujets individualisés chaque semaine ?
Le besoin d'un adjoint préparateur mental est dans la réponse à cette question.
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