Le mercato est habituellement une période de transferts pour joueurs, mais cette année, il semblerait que les clubs de football de l'élite en profite pour changer de direction technique. Après Kombouaré, c'est au tour d'un ex-joueur de l'équipe de France de quitter ses fonctions en plein milieu du championnat, et cela malgré un bon bilan à mi-parcours. Bien entendu, il s'agit malheureusement de Bernard Casoni.
A 50 ans passé, l'ex-stoppeur de l'OM (point commun avec l'ex-stoppeur du PSG, Antoine Kombouaré) vient de mettre un terme à l'amiable avec son club de l'Evian-Thonon-Gaillard, à 6 mois de l'échéance de son contrat.
Le couperet est donc tombé en janvier 2011 alors qu'on connaissait de longues dates les divergences entre le coach savoyard et son président, Patrick Trottignon.
Curieux ? Casoni a mené son club de national à la ligue 1, ce qui constitue tout de même un exploit pour ce petit club sans passé au niveau de l'élite du football professionnel français.
Après Michel Estevan, remercié alors qu'il avait réussi à peu près le même exploit avec Arles-Avignon, quel message veulent envoyer les dirigeants des clubs pro aux entraineurs actuellement en national : si vous réussissez, on vous vire ! Avis aux entraineurs de national, si vous voulez rester sur votre banc, surtout ne montez pas !
Pitoyable signe des temps d'une société française, qui marche sur la tête, décidement nous ne vivons plus dans une société civilisé basé sur la méritocracie mais dans une société anachronique et presque folle !
Avant, on virait les coachs pour manque de résultat, désormais, on les vire parce qu'ils en ont trop ! Naif, nous sommes, les enjeux ne sont plus là ! Désormais, un entraineur de football professionnel doit être bien plus qu'un entraineur qui gagne. Il doit être dans la ligne du partie !
Nous vivons une époque où les coachs n'ont plus le droit d'avoir une personnalité marqué, sans être des play-boys. Out les Kombouaré, Casoni mais aussi Luis Fernandez, Rolland Courbis, Philippe Troussier, soient des techniciens "fort en gueule" mais pas forcément spice-boy. Déjà que le foot français ne brille pas sur la scène européenne, quel avenir peut-on prédire à des clubs qui limogent ou remercient gentiment leurs coachs sans motifs sérieux en cours de saison.
Dans le cas de Casoni, c'est même amusant quand on essaie de nous faire gober qu'il a été remercié parce que sa vie de famille ne s'adaptait pas à sa vie professionnelle en Savoie.
Mais que fait la police ? A quand une autorité respectable en ligue 1, qui régule les bonnes pratiques ? Quel rôle et quel avenir pour la LFP et le syndicat des entraineurs, qui sont à ce jour impuissants pour redonner un sentiment de justice, et un semblant de moral dans le foot français en perte de vitesse ?
Et pourquoi pas la création d'une haute autorité de l'entraineur dans le football pro ?
Sa mission consisterait à auditer les clubs pro, sur les missions et objectifs de l'entraineur professionnel, à chaque début de saison.
Les clubs avec leurs coachs passeraient devant une commission pour présenter conjointement, leurs objectifs sportifs pour la saison à venir : les objectifs techniques fixés au coach, et les objectifs de représentation demandés aux entraineurs.
En signant un tel pacte, entraineurs et clubs s'engageraient à respecter les valeurs morales et éthiques de ce sport.
Par exemple, le PSG viendrait avant le début de saison avec son directeur sportif, Leonardo, et son coach, Kombouaré. Le club parisien signifierait à son entraineur devant la comission 3 objectifs :
Une telle mesure permettrait de lutter contre les licenciements abusifs d'entraineurs en cours de saison et sans motifs valables.
Car pour remercier un entraineur en cours de saison, chaque club devra présenter des motifs solides devant cette même commission concernant les 3 points présentés ci-dessus.
La commission aurait le pouvoir de refuser la demande du club, de se séparer de son coach en cours de saison, si les objectifs initiaux ne sont pas compromis.
Enfin, tout ceci ne préoccupe guère Pablo Correa qui va enfin pouvoir retrouver un banc de touche. Le courageux et compétent coach uruguyaen méritait de retrouver un banc en ligue 1 après son expérience concluante à Nancy.
Théoriquement, Evian ne représente pas un véritable progrès par rapport à Nancy, mais Correa aura l'occasion de réussir ailleurs qu'en Lorraine. De toute façon, par les temps qui courrent, les coachs compétents en ligue 1 n'ont pas vraiment l'embarras du choix quand on voit le nombre d'entraineurs compétents qui sont sans clubs à ce jour.
Il reste à Correa à définir un projet technique et un projet de jeu en seulement quelques jours. Va t'il s'adapter aux joueurs en place ou amener sa propre philosophie de jeu ?
Le pari est risqué, car il se retrouve dans un club qui a plutôt réussi sa 1ère partie de saison (11ème après 19 journées), ce qui était presque inespéré. La 2ème partie de la saison est celle de tous les dangers pour Evian et Correa.
Mission périlleuse mais à la portée de Pablo...