Olympique Lyonnais

Comparaison entre le schéma tactique de Puel et Garde

Nous nous sommes amusés à reproduire les 2 systèmes des 2 entraineurs qui viennent de se succéder sur le banc de l'Olympique Lyonnais.

Bien qu'ils y aient des différences de caractères et des différences d'approches, qu'en est-il d'un point de vue strictement tactique et organisationnel en ce début de saison 2011-2012 ?

Approche tactique proposée par Claude Puel en 2010-2011 à Lyon :

Tout d'abord, il faut remarquer que cette équipe est taillée pour la Ligue des Champions et propose une forte prédominance athlétique mais aussi quelques lacunes qui furent fatales à son entraineur, et notamment au niveau de la maitrise du jeu sans ballon et les phases de transition au moment de la perte du ballon ou de sa reconquête.

La majorité des observateurs ont pu constater la trop grande fébrilité de la défense centrale, problème qui ne sera jamais résolu, et on pourra toujours s'interroger sur les décisions des décideurs lyonnais, coach, staff et dirigeants au moment de recruter Yoann Gourcuff plutôt que de rééquilibrer la défense centrale.

Au chapitre des lacunes, l'absence totale de compétences dans la couverture défensive à 2 dans l'axe. Jamais Diakhaté et Lovren n'ont été capables de se coordonner ou se placer par rapport à Cris, qui a en plus fait preuve de sautes de concentration sur des matchs de 90 minutes.

L'aile gauche de la défense a faillu alors que c'était le point fort l'année précédente et que le joueur titulaire n'a pas changé ! Aly Cissockho est passé au travers, obligeant le coach a le remplacer par Bastos et même Kallstrom sans succès !

Enfin au milieu de terrain, Jeremy Toulalan n'a jamais retrouvé son niveau d'avant coupe du monde, trop marqué par les critiques et plus marqué que n'importe quel autre joueur par les évènements de Knysna. Mais surtout, si dans les autres secteurs du jeu lyonnais, on peut retenir la puissance athlétique des joueurs, ce n'est pas autant le cas au milieu du terrain, surtout depuis les départs de Diarra et Essien qui n'ont jamais été réellement remplacés. Toulalan aurait du être soulagé par l'apport d'un joueur plus puissant derrière lui ou au moins à ses cotés.

Finalement au milieu, Lyon a pêché physiquement alors que techniquement le milieu lyonnais n'a jamais été aussi fort, question d'équilibre...

Enfin devant Lisandro n'a pas été en mesure de reproduire le niveau de jeu attendu pour un joueur de cet envergure, gêné par de nombreuses blessures dont certaines peuvent être imputés à une préparation physique d'avant saison inadéquate avec ce joueur peu coutumier des travaux fonciers d'envergures.

Coté droit, Bastos et Briand n'ont pas réussi sur la totalité de la saison à faire oublier le travail défensif et offensif de Sidney Govou. Encore une question d'équilibre...

Coté satisfaction, Reveillère a tenu son rang sur le coté droit de la défense lyonnaise, sans pourtant arriver à colmater toutes les brèches d'une équipe qui a été construite trop tardivement pour intégrer Gourcuff, ce qui a dénaturé son équilibre.

A l'autre bout du terrain, un seul joueur s'est parfaitement adapté aux volontés du coach, Bafé Gomis, dont la mission d'attaquant en pivot chargé de faire monter l'équipe, de garder le ballon en position haute pour laisser du temps à ses partenaires, a été parfaitement exécutée.

Une des raisons du déséquilibre lyonnais en 2010-2011 :

Une équipe plutôt porté sur le contre et la vitesse pour se projeter vers l'avant en 4-3-3 qui se retrouve obliger d'intégrer un joueur qui semble ralentir le jeu balle aux pieds, mais pour en fait accélerer le jeu de ses partenaires dans les faits, soit Yoann Gourcuff dans un 4-2-3-1 pourtant privé d'une bonne assise défensive et de puissance au milieu.

OL 2010-2011 version Claude Puel

 

Les consignes collectives retranscrites dans Football Manager :

Une approche tactique plutôt rigide avec des joueurs qui se concentrent sur leurs tâches spécifiques et peu de liberté créative laissé aux individualités au profit d'un jeu collectif "placé" et dirigé par le numéro 10.

Un attaquant en pivot dont le rôle est fondamental pour l'occupation du terrain et la possession du ballon dans le camp adverse. Et 2 attaquants sur les cotés chargés de faire la différence sur leurs qualités de percussions.

OL Version PUEL

Approche tactique proposée par Rémi Garde en 2011-2012 à Lyon :

Débarrassé d'ambitions en ligue des champions, et delesté du poids de la pression des 7 titres de champions de France, Rémi Garde arrive à Lyon dans la peau du sauveur. Certains iront même par fanatisme mal placé, à parler de Guardiola à la lyonnaise...Pour autant il est intéressant de constater dans le discours de Rémi Garde, quelque chose qui se rapproche de Mourinho..."Il n'est pas intéressant de se focaliser sur les problèmes et faiblesses de l'équipe mais plus important de travailler les points forts".

Rémi Garde fait déjà preuve de pragmatisme et s'adapte aux lacune de l'OL qui sont en 2011, les mêmes qu'en 2010 ! "A l'Ouest de Gerland, rien de nouveau" ! Toujours pas de défenseur capable d'accompagner la fin de carrière de Cris mais surtout son positionnement sur le terrain, en couverture. Pas plus de puissant milieu de terrain pour épuiser les meneurs de jeu adverses mais finalement pourquoi se flageler sur les faiblesses quand on peut capitaliser sur les points forts ?

Associer Gomis et Lisandro à leurs places préférés ! Repositionner Michel Bastos à gauche et reproduire l'association Cissokho-Bastos. Le travail défensif de Bastos dans le replacement étant nettement supérieur à celui de Lisandro, Cissokho pourrait comme par hasard être moins livré à lui-même sur le flanc gauche et retrouver sa lecture du jeu et la concentration qui y est necessaire.

OL 2011-2012 version Rémi Garde

Les consignes collectives retranscrites dans Football Manager :

Une volonté plus nette et plus volontaire de porter le jeu vers l'avant ! Jouer plus haut ne suffit pas, plus de liberté individuelle et une approche plus libérale du jeu collectif et individuel au détriment de la précision et de la répétition de chaque phase de jeu. Une sorte de plus grande responsabilisation des joueurs dans un système où ils sont censés être plus matures. (Ce sera plus dure de dire que c'est de la faute du coach, n'est-ce pas Cris !).

OL version GARDE

En conclusion, il est plus questions de nuances que de profonds changements d'organisations de joueurs, ou d'approches tactiques, aucune des 2 n'est fondamentalement meilleure que l'autre, car elles ne répondent pas aux mêmes objectifs et contraintes.

Les difficultés qui sont apparus au 1er des 2 entraineurs ne sont pas résolues pour le 2nd, à la différence que Garde a 3 choses de plus que Puel :

  • la connaissance du problème et de ses conséquences
  • du temps pour trouver la solution ou les bons équilibres
  • du crédit des supporteurs (sur ce 2ème point, on peut se poser des questions sur les raisons parfois nauséabondes de certains supporteurs à l'égard des coach à Lyon ou justement pas d'origines lyonnaises, très bien relayées, par une certaine presse trop contente de jeter de l'huile sur le feu).

Un premier élément factuel permet d'avoir une indication sur la performance des 2 approches des 2 hommes, le déplacement de l'OL à Nice.

Pour Puel, son équipe fut trop fébrile pour tenir la victoire avec de grosses erreurs individuelles et de concentrations. Tandis que la même équipe à quelques joueurs près (Sans Toulalan et Diakhaté) s'est imposé 3 à 1 après avoir été mené 1-0 sur encore une erreur de concentration et de marquage sur un corner. Affaire à suivre...

Quel plan de carrière pour Paul Le Guen ?

3 fois champions de France avec l'Olympique Lyonnais et quart de finaliste de la ligue des champions, entraineur du Stade Rennais, des Glasgow Rangers et du PSG avant de devenir sélectionneur du Cameroun, Paul Le Guen vient d'attérir sur le banc de touche...du sultannat d'Oman !

Sur la touche, l'entraineur Breton ? Annoncé régulièrement dans des clubs de ligue 1 depuis 2 ans, Paul Le Guen peine à retrouver un siège en ligue 1 comme tous les entraineurs qui ont quitté leurs fonctions dans un club soi-disant huppé (Le Guen au PSG, Lacombe à Monaco, Perrin à Saint-Etienne, et Baup à Bordeaux).

On peut vraiment affirmer que le métier d'entraineur est extrêmement fragile car si l'ascension est finalement assez rapide, plus dure est la chute, et très rares sont les exemples d'entraineurs qui réussissent à se remettre en selle.

Pourtant Paul Le Guen comme d'autres, a le profil d'un entraineur talentueux et expérimenté et mériterait d'occuper des fonctions à la mesure de son savoir-faire.

D'abord annoncé à Lille quand Rudy Garcia fut mis à pied 24 heures la saison passée, puis à Sochaux et Bordeaux cette saison et encore sans succès, on a du mal à comprendre la raison.

Trop cher ? Trop de staff ? Trop...on a parfois du mal à comprendre les motivations des présidents de clubs dans leurs choix de managers ! Est-ce une question de feeling ? Le courant ne passe t'il pas entre Le Guen et de futurs possibles employeurs ?

On a souvent reproché à Le Guen sa communication du temps de son passage à Paris, club hypermédiatisé (trop et à l'excès), lui fait-on encore ce faux procès ? Ce phénomène démontre la préciosité des postes d'entraineurs en ligue 1 et en ligue 2 ainsi que la fragilité des entraineurs dans leurs fonctions !

Plus d'offres de services de qualité que de postes disponibles, c'est tout le problème des managers français à l'heure actuelle !

De là, à avoir besoin d'entrainer,Oman et sans manquer de respect à ce sultanat, quel est le véritable avenir de Paul Le Guen au plus haut niveau, on peut se poser la question.