Le célèbre coach lusitanien est devenu la nouvelle égérie de la marque Braun et pour le lancement de leur nouveau produit, il a accepté de se dévoiler au cours d'un interview. Morceaux choisis :
José Mourinho, on vous appelle « the Special One » tel que vous vous surnommez. Pourquoi avoir choisi ce surnom ?
J.M : Je ne l’ai pas choisi. J’ai été surnommé ainsi en 2004 à mes débuts en Angleterre lorsque mon équipe du FC Porto a remporté la Ligue des Champions. A la suite de la finale à Gelsenkirchen, je suis arrivé à la conférence de presse avec beaucoup d’assurance car je venais tout juste d’être sacré Champion d’Europe.
Et la presse m’a alors demandé si je me sentais à la hauteur en tant qu’entraîneur dans le « pays du football ». L’Angleterre s’est toujours définie elle-même comme « le pays du football ».
Et cela m’a un peu choqué ! Je me suis alors demandé : « Pourquoi, selon eux, n’aurais-je pas les qualités nécessaires pour travailler ici ?
» Alors je leur ai répondu : « Ne croyez pas que je suis un entraîneur quelconque. Ne pensez pas que je suis quelqu’un d’ordinaire. Je suis unique et j’ai des qualités exceptionnelles.
Je me sens plus que prêt ». Mes propos ont alors été repris par la presse le lendemain : « the Special One est arrivé » et ils ont commencé à m’appeler ainsi.
Ensuite, les supporters de Chelsea l’ont fait circuler en criant tout le temps « Special One, Special One, Special One ». Et « the Special One » est toujours là après plusieurs années.
Quelle est la clé de votre succès ?
J.M : Je travaille dur mais cela ne suffit pas pour réussir. Je pense qu’il faut avoir certaines qualités innées pour bien faire son métier. Un joueur de football doit également avoir reçu un don du ciel, le travail ne suffit pas.
Il en est de même pour un joueur de tennis, un peintre ou un acteur. Je pense que j’ai évolué en travaillant dur et en essayant d’améliorer mes connaissances en tant qu’entraîneur. Mais en fin de compte, je pense que je suis né avec une sorte de don qui me fait faire les choses exceptionnellement bien.
En même temps, je pense aussi que vous avez besoin de faire les choses avec passion. Il n’est donc pas seulement question d’un don ou de travailler dur, vous avez également besoin de passion et d’aimer le travail que vous faites. Parce qu’au fur et à mesure des années, si vous n’aimez pas votre métier, vous perdez votre motivation, votre enthousiasme.
Je suis dans le football depuis que je suis petit et entraîneur depuis l’an 2000, donc il y a 11 ans maintenant, et ma passion est toujours la même. Mon enthousiasme reste également le même. Mon désir de faire les choses bien est resté intact. La façon dont j’apprécie chaque match est identique.
Hormis le fait de travailler dur et de posséder un don dans son travail, avoir une passion pour ce que l’on fait est l’une des clés de la réussite.
Qu’est-ce qui caractérise un homme selon vous ?
J.M : (Rires) Qu’est-ce qui fait d’un homme, un homme ? Vous savez, au Portugal on disait autrefois : «Un homme a besoin d’écrire un livre, de planter un arbre et d’avoir un fils ». J’ai écrit un livre, j’ai planté un arbre, j’ai un fils et une fille. (Rires) Mais je ne pense pas que ce soit la définition la plus juste.
Un homme, c’est bien plus que ça. Un homme est un homme, et vous savez, j’essaie d’en être un, ce qui revient pour moi à être sérieux, honnête, loyal et un père de famille. Etre un bon gars avec des pensées et des sentiments chaleureux.
Quelle est la chose la plus importante dans votre vie en dehors du football ?
J.M : La famille vient d’abord et ensuite le football. Le football n’est pas la chose la plus importante dans ma vie. Mais ce serait la famille, le football et après rien d’autre. Bien sûr, mes amis font partie de ma famille mais pas de la même façon. Ma vie, c’est ma famille et le football.
Quelles sont vos sources d’inspiration ?
J.M : Je ne sais pas. Je pense que le football a toujours été ma passion et que ma plus grande inspiration vient de la passion que j’ai pour le football.
Comme tout enfant qui aime le football, je voulais être un joueur avant tout, pas un entraîneur.
Vous savez, je pense que personne à l’âge de 6, 7, 8, 9 ans ne veut devenir entraîneur ou arbitre. Tous veulent être joueurs. Mais j’ai compris qu’en tant que joueur, je n’aurais jamais été le meilleur.
J’ai essayé d’améliorer mes connaissances autant que possible comme joueur, ce qui m’a aidé dans mes compétences d’entraîneur. Alors, je me suis préparé au mieux pour ce poste mais je pense que la passion est le moteur de tout.
Comment avez-vous réussi à créer un mental de gagnant ?
J.M : Dès mon plus jeune âge, j’étais déjà dans la compétition. Tout pour moi était compétition, même pour les choses les plus simples. Et dans une compétition, vous voulez gagner. Alors je pense que c’est une chose avec laquelle je suis né. Je me lance beaucoup de challenges, plus que ceux destinés aux autres. J’essaie toujours d’établir des objectifs alors je crois que je suis tout le temps en compétition avec moi-même.
Est-ce que le style est quelque chose d’important pour vous ?
J.M : Oui, le style c’est important. Mais mon concept du style est que vous devez vous sentir bien avec vous-même. Il n’est pas question des autres mais de vous, ni de ce que les autres pensent être bien pour vous ou pour votre image. Me concernant, pour être bien, j’ai besoin d’avoir de l’estime pour moi-même. C’est pourquoi, selon moi, l’allure est une chose très personnelle. Je ne pourrais pas porter quelque chose simplement parce que c’est fashion. Et je ne me sentirais pas à l’aise de le porter.
Il y a tellement d’hommes qui ont des styles bien distincts, surtout ceux qui ont une forte personnalité. Ce sont de vrais pros dans ce domaine. Immédiatement, me viennent à l’esprit beaucoup d’acteurs et people du show business qui ont un style incroyable. Je n’appartiens pas à ce monde, je suis simplement un sportif et je suis différent !
Je pense à des gens comme Sean Connery et Anthony Hopkins. D’ici 20 ans, j’aurai le même âge qu’eux et j’espère que d’ici là j’aurais le même style et le même profil qu’eux à 60 et 70 ans.
Quels sont vos objectifs ?
J.M : En football, j’aimerais faire quelque chose qui n’a jamais était fait dans le passé, comme remporter trois fois le titre de la Ligue des Champions avec 3 clubs différents.
On dirait que je n’en suis pas très loin. Mais peut-être qu’en réalité je le suis parce qu’il est si difficile de gagner la Ligue des Champions. Vous ne savez
jamais quand vous y arriverez à nouveau. Mais parce que je suis jeune pour un entraîneur, j’ai plusieurs années devant moi; je pense que je peux le faire.
Il y a autre chose que je souhaiterais faire mais pas maintenant : c’est d’entraîner l’équipe nationale portugaise.
J’en ai eu l’opportunité mais je ne le veux pas pour le moment, ils devront patienter une dizaine d’années parce que j’ai envie de travailler en club pendant ce laps de temps!
Le métier d’entraîneur au niveau national est un travail différent. Ce n’est pas quelque chose pour moi à ce stade de ma carrière.
Pour ce qui est de ma vie privée, je veux simplement voir grandir mes enfants, qu’ils soient heureux, attendre mes petits enfants et être en bonne santé dans une famille en pleine forme et heureuse. Rien d’autre.
Le FC Porto a nommé le successeur d'André Villas-Boas, qui a annoncé son départ mardi. Il s'agit de son adjoint Vitor Pereira. Âgé de 42 ans, ce dernier est passé par Sanjoanense, Espinho et Santa Clara avant de rejoindre le staff de Villas-Boas en 2010.
Au cours d'une conférence de presse de présentation, le président du FC Porto, Pinto Da Costa, a confirmé que son désormais ex-entraîneur rejoignait Chelsea.
La tâche s'annonce difficile pour le nouvel entraineur du FC Porto, Vitor Pereira et n'est pas sans rappeler la situation qu'a vécu...un certain Rafa Benitez à l'Inter Milan l'été dernier.
Succéder à un entraineur qui a tout gagné est un véritable casse-tête ! Que peut-on vraiment faire ? Mieux, cela parait pratiquement impossible ! Un triplé : Coupe, championnat, et Coupe d'Europe !
Il ne reste plus qu'à Vitor Pereira de remporter la ligue des champions pour réussir sa nouvelle mission de n°1 ! Mais celui-ci a bel et bien, un avantage sur Rafa Benitez car le second de Vilas-Boas a pu observer les raisons du succès de son prédécesseur et pourra reconduire les mêmes recettes avec un groupe assez exceptionnel.
Autre avantage, son groupe est plus jeune que celui qu'a laissé Mourinho en héritage à Benitez du coté de Milan et de plus, pour l'instant pas de départs majeurs en vue. Hulk, l'imposant attaquant, homme à tout faire du front de l'attaque n'est pas particulièrement sur le départ comme ses copains d'ailleurs. Par le passé, Porto avait laissé partir Lucho et Lisandro, en faisant d'ailleurs de très bonnes opérations financières et préparant sans doute son succès actuel. Mais pas sûr que l'ambitieux club portugais soit à nouveau dans l'obligation de vendre ses meilleurs joueurs ce qui pourrait permettre à Vitor Pereira de tirer son épingle du jeu dans cette mission bien périlleuse qui consiste à succéder à un entraineur de 33 ans qui a déjà tout gagné.
Vitor Pereira peut tout perdre mais peut aussi relever le défi avec quelques cartes en main tout de même intéressantes à jouer ! En tout cas, le choix du président du FC Porto paraît très judicieux en nommant un disciple de Vilas-Boas plutôt que de partir dans une toute autre direction, forcément plus hasardeuse.